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Programme 2016-2017

Grande Messe Inachevée eu ut mineur KV. 427
de W.A. Mozart

Après Josef Haydn, Cyril Pallaud a choisi comme nouveau programme l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de tous les temps : la Grande Messe Inachevée de Mozart. Oeuvre immense, entourée de mystère - comme toute page musicale dont le point d'orgue n'est pas écrit, elle n'a peut-être d'égal que le Requiem dans l'ensemble du corpus mozartien. 

Si Mozart écrivit de nombreuses messes, commandes du Prince-Archevêque de Salzbourg, celles-ci étaient relativement courtes, limitées par les décrets empêchant tout service liturgique de dépasser 60 minutes. En revanche, la Grande Messe en ut ne ressemble en rien à ces oeuvres : tout d'abord, elle n'est pas oeuvre de commande, mais acte spontané d'un compositeur remerciant Dieu d'avoir sauvé sa jeune épouse de la maladie. C'est parce-qu'il s'agit d'un acte personnel et profond que Mozart atteint ici des sommets d'écriture dignes de Don Giovanni, du Requiem ou de la Symphonie Jupiter. 

Véritable opéra sacré, tant dans ses dimensions que ses affects, Mozart use ici de traits d'écriture d'une très grande efficacité touchant directement l'auditeur au coeur dans ses émotions. Les clairs-obscurs musicaux sont saisissants, passant tour à tour de la joie la plus lumineuse à l'obscurité la plus totale. Il se dégage ainsi -sans nul doute- une force continue qui ne peut conduire qu'à la transcendance.

Analyse complète de la Grande Messe en ut : à paraître bientôt sur ce site

Distribution : 

Soprano 1 soliste : Aude ROTHENBURGER - Soprano 2 soliste : Anne HERR

Mezzo-soprano soliste : Sarah FRICK - Alto soliste : Kim-Marie WOODHOUSE

Ténors solistes : Akinobu ONO, Laurent ROOS - Baryton-Basse soliste : Alexandre CHAFFANJON

Nelsonmesse de Joseph Haydn

Josef Haydn (1732-1809) débute la musique grâce à ses qualités vocales en devenant petit chanteur de la cathédrale de Vienne. Ce fut ainsi durant des siècles la « voie royale » pour les jeunes gens modestes qui souhaitaient devenir musicien (comme Delalande). Elève de l’immense Porpora, Haydn produisit ses premiers quatuors à cordes en 1757. Sa carrière ira dés lors de succès en succès, notamment à Londres.

Si la production vocale de Mozart culmine dans ses opéras, celle de Haydn culmine au sein de la musique sacrée. Sur les quatorze messes qu’il composa, si les huit premières sont assez disparates, les six dernières, composées entre 1796 et 1802, forment un tout homogène, de la plus haute qualité.

Après son retour d’Angleterre, au service de Nicolas II Esterhazy, amoureux de musique sacrée, Haydn composa une Messe par année, destinée à être donnée en septembre à Eisenstadt.

Aucun compositeur de l’envergure de Haydn n’avait depuis très longtemps composé de tels chefs-d’œuvre sacrés en si peu de temps. C’est à travers celles-ci que Haydn devint le plus grand compositeur de musique sacrée de la deuxième moitié du 18e siècle. Dans ses messes nous retrouvons un subtil mélange entre l’héritage des grands opéras mozartiens et des références à ses propres œuvres instrumentales. Donnons la parole à Robbins London qui qualifie les grandes messes de Haydn de « symphonies pour voix et orchestre sur le texte du missel ».

L’équilibre entre le chœur et l’orchestre y est parfait tout comme celui entre solistes et tutti ; et plus que tout, la structure des messes rappelle sans erreur possible celle des symphonies londoniennes. Historiquement les dernières messes de Haydn correspondent à un moment crucial dans l’évolution du style religieux en Europe et plus particulièrement en Autriche.

Il influença Beethoven, Cherubini et Schubert essentiellement par elles, ne serait-ce que parce que personne dans ce domaine ne le surpassa ! Enfin, la musique des messes de Haydn entretient par rapport aux paroles le même type de relation que celle des opéras de Mozart ce qui les rend si bouleversantes spirituellement.

Ecrite en 1798, soit deux années après la PaukenMesse, la NelsonMesse appartient aux six grandes messes de Haydn. Elle contient la même référence à l’histoire de cette fin de 18e siècle. La Missa in Tempore Belli (titre original de la PaukenMesse) faisait référence aux campagnes d’Italie de Bonaparte, la Missa in angustiis (Messe en des temps d’angoisse) titre original de la NelsonMesse fait référence à la campagne d’Egypte. Lorsque Haydn travaillait à sa Messe, l’amiral Nelson détruisit la flotte française à Aboukir, ce fut ainsi postérieurement que son surnom de NelsonMesse lui fut attribué. Il s’agit de la plus populaire des messes de Haydn. Traversée par un souffle dramatique saisissant elle produit un effet fantastique sur l’auditeur.

Magnificat de Carl Philipp Emmanuel Bach

C.P.E Bach est le deuxième des quatre fils musiciens de J.S. Bach. Après des études de droit il devint, en 1738, claveciniste du prince héritier de Prusse, futur Frédéric II. Il succéda enfin, en 1768, à Telemann comme directeur de la musique de Hambourg, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort.

Il fut, sans nul doute, le « Bach » le plus célèbre du 18e siècle. Défenseur de la musique comme langage des émotions (« un musicien ne peut émouvoir que s’il est ému lui-même »), pilier de l'Empfindsamkeit allemand, il fut l’un des plus grands génie du milieu du 18e siècle. Responsable en grande partie du tournant stylistique de cette époque, il assure et accompagne la transition entre musique baroque et classique.

Admiré tant par Mozart que Haydn qui furent fortement influencés par sa musique, C.P.E. Bach fut sans conteste un grand visionnaire doté d’une inspiration et d’une imagination tant débordante que sensible.

Sa musique synthétise - en quelque sorte - toute la pensée baroque depuis Monteverdi (la musique expression des passions de l’âme) et contient en germe toute l’expression musicale du classicisme et du romantisme à venir.

L’oeuvre sacrée de C.P.E. Bach est conséquente mais perdue en grande partie. Il nous reste ses trois grands oratorios, son Magnificat et sa cantate de Pâques.

Dans chacune de celles-ci, il concilie avec bonheur tradition et modernité. Le Magnificat Wq. 215 est le premier grand chef-d’oeuvre sacré de notre compositeur. Composé en 1749 alors qu’il est encore à Berlin, il écrivit cette oeuvre pour montrer ses capacités et - sans doute - briguer le poste de Cantor de Saint-Thomas de Leipzig. C’est d’ailleurs à St-Thomas, en février 1750, peu avant la mort de son père qu’il y créa son oeuvre. Symbole on ne peut plus fort d’un passage de flambeau entre père et fils, entre baroque et classicisme.

S’inspirant du Magnificat de son père, C.P.E Bach impose son style, privilégiant l’homophonie au contrepoint complexe de son père. Les airs plus lyriques sont de véritables chefs-d’oeuvre.

Les concerts 2016-2017

    • Mozart, Grande Messe Inachevée
    • Mozart, Grande Messe Inachevée
    • Concert Grand Format
    • Oberhergheim (20:00)
    • Billetterie
    • Le style galant ou les Maîtres de Mozart
    • Le style galant ou les Maîtres de Mozart
    • Concert d’ouverture du Festival de Colmar
    • Colmar (20:30)
    • Mozart, Grande Messe Inachevée
    • Mozart, Grande Messe Inachevée
    • Concert Grand Format
    • Thierenbach (20:00)
    • Billetterie